Informations complémentaires :
Coraca Ri - Bolivie
Coraca Ri a été créée en 1991 par de petits paysans des Yungas du Sud, de la région de Irupana. Assise entre 800 et 200 mètres d’altitude, sur les contreforts de la Cordillère des Andes, la province des Yungas du Sud a connu une forte immigration d’Indiens Aymaras descendus de l’Altiplano.
Coraca Ri rassemble plus d’un millier de paysans répartis entre 30 groupes de paysans qui cultivent le café à côté de cultures vivrières sur des terres morcelées ne dépassant pas 5 ha.
Pour augmenter la rentabilité du café, condition d’une réelle alternative à la culture de la coca, l’organisation intervient à différents niveaux, de la production à la commercialisation : augmentation de la qualité du café par de meilleures méthodes de culture, d’entreposage et de transformation, création d’un fonds de roulement et acquisition d’intrants agricoles et d’outils, assistance technique, promotion de l’agriculture biologique... Elle se charge aussi de rechercher des débouchés de vente directs et octroie des crédits aux producteurs, notamment pour financer la conversion à l’agriculture biologique. Coraca Ri a obtenu la certification biologique belge Blik pour ses produits.
En collaboration avec Qhana, un centre d’éducation populaire qui depuis longtemps travaille avec des communautés agricoles, Coraca Ri dispense des formations techniques, économiques et en gestion d’entreprise. Lors de ces formations, on replace les enjeux dans un contexte économique et politique et rappelle l’identité culturelle des peuples indigènes dont les participants sont les descendants, pour mieux comprendre la réalité actuelle à laquelle ils sont confrontés et revaloriser le pat rimoine culturel qui inclut précisément l’autogestion et l’organisation communautaire.
Cepicafe (CEntral PIurana de CAFEtaleros) - Pérou
Piura est une région excentrée du nord du Pérou où vivent en majorité des cultivateurs. Le manque de moyens financiers, les problèmes d’organisation et l’absence de technologies expliquent le retard pris par la région dans certains secteurs d’activité. Dans ce contexte, les paysans n’ont pas d’autre choix que de vendre leurs récoltes à des intermédiaires, à des prix dérisoires.
Cepicafe a été créée en 1995 pour aider les producteurs à mieux organiser la production et maîtriser sa commercialisation. Cepicafe fournit une assistance technique aux coopératives pour implanter un système de tri et un contrôle de qualité, dans chaque coopérative, qui séparent les bons grains des moins bons.
Ensuite, pour apporter une solution au problème du déficit en eau de pluie, ils réintroduisent des variétés traditionnelles mieux adaptées aux conditions climatiques et mettent au point un système d’irrigation performant.
Dans ces zones tropicales, le manque de sources d’énergie alternatives a entraîné une déforestation massive. La construction par Cepicafe de terrasses et le reboisement des parties érodées est d’autant plus utile.
Si la qualité du café s’est vue grandement améliorée, il ne reste pas moins que cette matière première est soumise aux fluctuations du marché. Aussi, faut-il diversifier les sources d’entrées financières et vendre à des organisations qui paieront un prix juste, condition sine qua non pour couvrir les besoins de base.
En réalité, les deux éléments sont liés. En payant un prix plus élevé et stable, et en apportant leur expérience, les organisations traditionnelles de commerce équitable ont permis aux producteurs de tirer des revenus du cacao, des fruits exotiques et produits dérivés et de la canne à sucre... Dans la même optique, les cultures vivrières de légumes et de fruits ont été étendues.
Cecovasa - Pérou
L'union des coopératives Cecovasa est située à l'extrême sud du pays. Elle fut fondée en 1970 par des fermiers qui ne souhaitaient plus dépendre du secteur privé pour commercialiser leur café.
Cecovasa est aujourd'hui le troisième exportateur de café du pays. Cecovasa compte 9 coopératives et près de 2500 petits producteurs travaillants dans la forêt tropicale aux confluents de deux rivières : Tambopata et Inambari entre 800 et 1600 mètres d'altitude.
La production est biologique depuis 1997. Grace à la prime du commerce équitable des infrastrcutures ont été financées telles qu'un laboratoire d'analyse pour le contrôle de la qualité, un espace de stockage ainsi que du matériel informatique.
Si la plupart des caféiculteurs sont des hommes, les femmes n'ont pas été oubliées par Cecovasa. Le CODEMU (Comité pour le Développement des Femmes) participe à l'amélioration de la situation des femmes au sein des différentes coopératives. Des forums sont mis en place pour leur permettre d'aborder les problèmes qu'elles rencontrent. Des formations sur les premiers soins, l'élevage et la management bénéficient à toute la famille et permettent aux femmes d'accéder à une activité rémunératrice.
Fapecafes (Federacion regional de Asociaciones de Pequeños Cafetaleros Ecologicos del Sur) - Équateur
En 1997, un groupe de 30 petits producteurs du Sud de l’Equateur fondèrent PROCAP. Ils voulaient créer une organisation qui permettrait de commercialiser leur production sans recourir aux intermédiaires.
Pour ce faire, ils demandèrent l’aide d’une ONG de développement belge VECO (Vredeseilanden-Coopibo). VECO les aida en matière de gestion et leur octroya un financement pour améliorer la qualité du café.
Traditionnellement, les producteurs de cette région vendent leur café à l’état naturel, non encore lavé ni fermenté. Cepicafe, une coopérative du Pérou, plus expérimentée, contribua à les former en matière d’exportation.
Puis PROCAP rejoignit Fapecafes une organisation de coordination de 4 coopératives régionales.
La majorité des paysans dispose de 1 à 3 ha pour planter le café. Bien que la productivité ait augmenté, une grande partie des petits producteurs doit se déplacer périodiquement vers les grandes plantations de bananes de la côte, où ils travaillent comme journaliers. Or, leur absence désorganise le travail de Cepicafe.
Certains déplorent que le secteur de la banane, mieux valorisé car plus reconnu dans le monde, reçoive davantage l’aide gouvernementale que le secteur du café. Cela bénéficie indirectement au café d’autres pays et explique la prédominance du café colombien dans la consommation intérieure équatorienne.
Depuis le début du projet, des méthodes de culture biologique ont été appliquées. Le certificat biologique a été obtenu pour la plus grande partie de la production.
Des formations de 10 à 15 personnes ainsi que des séances pratiques dans les exploitations sont assurées. Les tris successifs et les contrôles après la cueillette, réalisés de manière collective, ont permis d’améliorer la qualité du produit final.
Cecocafen (Central de Cooperativas Cafetaleras del Norte) - Nicaragua
Le café est le produit d’exportation le plus important du Nicaragua. Pour les petits producteurs, le café est souvent le seul produit qui permette à une famille de disposer d’argent (pour couvrir des besoins tels que l’habillement, l’enseignement et les soins médicaux). Leurs revenus sont donc soumis aux spéculations boursières.
Au Nicaragua, dans les années 80, les Sandinistes avaient encouragé les coopératives de producteurs de café. Après la défaite des Sandinistes aux élections de 1990, l’Etat n’était plus favorable aux coopératives. Un grand nombre d’entre elles ont fait faillite, dont certaines en raison d’une mauvaise gestion et de la corruption.
Ces dernières années, les coopératives restantes ont convenu d’une meilleure répartition régionale et collaborent entre elles pour former des unions de plusieurs coopératives comme Cecocafen qui réunit 39 coopératives de petits producteurs de café.
Elle intervient dans la production et la commercialisation du café sur le marché local ou pour l’exportation. Elle fournit une assistance technique aux petits paysans qui partagent l’équipement mis à leur disposition. Des formations sont également dispensées, notamment en matière d’agriculture biologique.
La prime du commerce équitable a servi à créer une usine solaire de traitement du café : SOLCAFE, ainsi Cecocafen ne dépend plus des intermédiaires tout en préservant l’environnement.
Les épargnes réalisées ont servi à mettre en place une unité de contrôle de qualité du café. Sur le plan social, l’octroi de bourses d’études pour les membres et leurs enfants, les formations organisées pour les femmes et les campagnes d’information en matière sanitaire se retrouvent dans l’ensemble des coopératives. Les dépenses actuelles servent à pallier les dégats de l'ouragan Stan (reconstruction de route, de point d'eau...).